Sibil, la souris peureuse


 

Il était une fois,

Une souris bien petite, du nom de Sibil qui vivait avec ses parents dans un terrier, à la racine d’un arbre, juste à coté d’un lac. Sibil avait un grand problème : il avait très très peur de sortir de son terrier et affronter la Forêt.

Bien sûr, tout le monde sait que les souris sont peureuses mais Sibil était la souris la plus effrayée au monde, il avait peur de tout ce qui bougeait dans la Forêt même de son reflet dans le Lac.

Chaque matin lorsque la maman souris le réveillait pour aller à l’École de la Forêt, Sibil pleurait et criait :
– Je ne veux pas sortir dans la Forêt ! Je ne veux pas aller à l’École ! Je veux rester ici !
Il se blottissait comme une petite balle dans un coin du terrier et tremblait de toute sa fourrure marron.
– Mais Sibil, tu dois aller à l’École ! Comment vas-tu apprendre à devenir une grande Souris si tu ne vas pas à l’École?

Mais peu importe les explications et les prières de sa maman, Sibil ne voulait rien entendre !
Il se blottissait dans son petit coin du terrier où il se sentait en sécurité.

Finalement sa maman n’avait pas d’autre solution que de le pousser brusquement hors du terrier.

Et la folie commençait :
Une fois dehors, Sibil avait l’impression que la Forêt entière le suivait et l’attaquait ! Il se roula comme une balle de fourrure et tomba avec bruit directement dans l’amas de feuilles sèches. Dès qu’il atterrit, les feuilles jaillirent au-dessus de sa tête, sautèrent dans tous les sens en lui couvrant la tête et le piquant de tous les côtés. Sibil s’efforça de sortir de l’amas de feuilles, frappa avec ses petites pattes, tourna en rond, sauta très haut et les feuilles sautèrent encore plus haut.

Il réussit à peine à s’échapper du monticule de feuilles et s’enfuit plus loin. Mais dès qu’il commença à courir, les racines des arbres sortirent de la terre et se jetèrent sur lui pour l’encercler. Pauvre Sibil, il trébucha et tomba, se leva encore, courut tout essoufflé, sauta au-dessus des racines et à travers les racines, mordit à gauche et à droite essayant de se sauver. Mais dès qu’elles le voyaient courir, les branches se penchaient vers Sibil, se courbaient et l’attrapaient par la queue tout en le jetant d’un arbre à l’autre. Les bâtons malins se levaient et lui bloquaient le passage. Les buissons le poussaient et le suffoquaient ! Les brins d’herbe le piquaient et les fleurs s’enroulaient autour de lui.

Finalement, il arriva à l’Ecole de la Forêt, haletant, fatigué, blessé, son petit cœur battant si fort à lui sauter dans la poitrine. Et la folie continuait : les autres souris le poussaient, lui arrachaient ses affaires et se moquaient de lui en criant : ”Sibil a peur ! Sibil a peur !”
Et la peur de Sibil grandissait et tout ce qu’il voulait c’était de s’échapper. Quand enfin les cours finissaient, il était le premier à rentrer à la maison comme une flèche !

Pauvre Sibil, il se sentait comme une balle lancée de sa maison et bousculée dans tous les sens par la Forêt. Et plus il courait, plus il avait l’impression que la Forêt se précipitait sur lui et l’attaquait.

Mais un beau matin, quand il courut vers l’école en luttant contre la Forêt, il entendit des chuchotements :

Sibil Sibil
Il s’arrêta brusquement et il écouta ! La Forêt s’arrêta brusquement elle aussi.
A nouveau, les mêmes chuchotements :
Sibil Sibil
– Oh, il m’a semblé avoir entendu mon nom, s’étonna Sibil en regardant tout autour de lui. Mais… dis-donc, qui pourrait m’appeler dans la Forêt ?
Plutôt curieux, Sibil regarda les Arbres :
– Qui donc ?
Et les Arbres le regardèrent :
– Qui donc ?
Ensuite, il regarda les feuilles et les feuilles le regardèrent curieuses :
– Qui donc ?
Il se pencha vers l’herbe et les petits brins d’herbe chantèrent en chœur :
– Qui donc ? Qui donc ?

– Hi Hi! on entendit un rire cristallin venant des Champignons. C’est moi, la Fée de la Forêt ! lui sourit la Petite Fée perchée au sommet du chapeau d’un champignon.
La joyeuse fée lui souriait si gentiment que Sibil, les yeux grands ouverts et curieux, s’approcha d’elle.
Et … chose étrange, plus il marchait doucement plus la Forêt bougeait doucement elle aussi.
– D’après ce que je vois, tu cours très bien ! on dirait une toupie à fourrure ! Mais … sais-tu Sibil que lorsque tu t’enfuis par peur, la Forêt et les autres ressentent ta peur et t’attaquent à leur tour ?

Alors que, lorsque tu regardes avec curiosité et amour, tout se transforme autour de toi et devient beau. C’est comme si ton regard était une baguette magique :

Si tu vois la peur, tu reçois la peur. Si tu vois la beauté, tu reçois la beauté !

Sibil écoutait attentivement et la Forêt écoutait avec lui !
– Lorsque tu as peur, la Forêt ressent ta peur et te répond de la même façon !
– Mais moi je ne veux pas attaquer la Forêt… soupira Sibil.
– Alors … Arête-toi Sibil ! Arête-toi et regarde autour de toi ! Que vois-tu ? Hi hi ! Et la Petite Fée disparut.
– Que vois-tu ? répéta la Forêt comme un écho.

Sibil n’était pas sûr de tout comprendre mais il rentra à la maison en marchant doucement et guettant la Forêt à chaque pas.

Le lendemain matin, pour la première fois il se réveilla et sauta de son terrier plein de joie :
– Je me demande ce que je vais découvrir le long du chemin dans la Forêt !
– Oh wow, un pissenlit géant ! Et sans plus attendre, Sibil se jeta au milieu du pissenlit, les flocons sautant sur sa tète et chatouillant son petit nez.

– Oh wow quelles belles fleurs, je me demande quel est leur parfum. Et les jolies fleurs semblaient lui dire : ” Viens, Viens jouer avec nous ! ”

– Et si je montais sur le toboggan des fleurs ? Curieux, Sibil grimpa tout en haut d’une fleur et se lança sur la tige en bas en criant de joie !

Il arriva joyeux à l’école de la Forêt, des fleurs et des flocons de pissenlits sur la tête.
Les autres copains étaient étonnés et ne reconnaissaient plus Sibil. Ils n’arrivaient pas à croire que c’était vraiment Sibil, la souris peureuse. Ils étaient même curieux d’apprendre ce quil avait découvert dans la Forêt ! Et certains de ses copains lui demandèrent de l’accompagner pour leur faire découvrir son secret !
Sibil les regardait gentiment et leur demandait curieusement :
– Que vois-tu donc ?

Maintenant il n’avait plus peur ! Il avait découvert que son regard était comme une baguette magique avec laquelle il pouvait voir tant de belles choses !

Le rire de Sibil résonnait dans toute la Forêt et la Forêt entière riait avec lui !

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