L’escargot rêveur


Il était une fois,

Un petit escargot rêveur qui chaque jour essayait d’arriver à l’école des escargots.

Le Grand Escargot le conduisait de leur maison jusqu’en bas de l’escalier qui menait à l’école et après il devait continuer tout seul. Mais hélas, l’escalier était si long et si difficile que le pauvre petit escargot ne réussissait jamais à arriver avant que l’école ne ferme ses portes.

Chaque soir, il préparait sagement sa coquille avec tout ce dont il avait besoin à l’école espérant réussir le lendemain. Mais chaque matin était identique, le Grand Escargot le houspillait et le grondait :

« – Va plus vite, tu es toujours en retard ! Tu n’es même pas capable de porter ta coquille ! Bouge-toi une fois pour toutes !»

Le Grand Ecargot le déposait en hâte devant l’escalier et retournait ensuite travailler dans le jardin.

Le petit escargot rêveur levait les yeux vers le long escalier, les marches déjà remplies de petits escargots et soupirait tristement en baissant ses petites cornes.

« – Ne perds plus de temps ! » résonnait derrière lui la voix du Grand Escargot.

Il commençait à monter tout seul, pas à pas, la coquille pesant lourdement sur son dos. Il y avait tant de marches à monter et sa lourde coquille l’emportait vers le bas. Il semblait être l’escargot le plus maladroit au monde. Souvent, par peur et honte d’être en retard, il se dépêchait tellement qu’il trébuchait sur les marches froides en y cognant sa coquille. Parfois il y avait seulement des égratignures sur la coquille mais parfois des morceaux entiers se détachaient de la coquille et le pavre escargot s’arrêtait pour la réparer. D’autrefois, quand il perdait l’équilibre, ses affaires d’école tombaient de la coquille et de précieuses minutes s’envolaient pendant qu’il les ramassait.

Les autres petits escargots semblaient sautiller autour de lui en le dépassant. Ils se moquaient de lui et même parfois le poussaient. Et le pauvre petit escargot tombait et roulait jusqu’en bas de l’escalier. Et courageusement, il recommençait à monter.

Mais chaque matin, il arraivait trop tard et trouvait la porte de l’école fermée.

Parfois, il arrivait tout essouflé sur la dernière marche juste au moment où la porte crissait et s’apprêtait à se fermer. Alors, il allongeait ses cornes vers la porte pour se glisser à travers l’ouverture mais … clac ! la vilaine porte se fermait avec un bruit sec. Il penchait tristement ses cornes, fermait les yeux et soupirait :

« – Oh, j’étais presque arrivé ! »

Il tournait le dos à la porte et descendait les marches lentement une à une, il se sentait encore plus lourd maintenant.

A la maison, dans le jardin, le Grand Escargot l’attendait et rien qu’en le regardant approcher, il sut qu’il avait échoué et il commença à le gronder :

« – J’étais sûr que tu n’allais pas réussir aujourd’hui non-plus ! Cela ne sert à rien que je te montre comment monter l’escalier, toutes mes explications ne servent à rien ! Comment se fait-il que les autres escargots y arrivent et que toi, tu n’y parviens pas ? »

Le petit escargot se cachait honteux à l’intérieur de sa coquille et pleurait à la remplir de larmes.

Un beau matin, comme il montait le même escalier vers l’école, il trébucha et tomba en arrière sur les marches. Il atterrit sur un brin d’herbe en spirale. Une Coccinelle qui se relaxait tranquillement sur le brin d’herbe, le regardait étonnée et ne savait si elle devait rire ou avoir pitié de l’escargot.

Le petit escargot n’avait même pas remarqué la Coccinelle car il s’efforçait de se défaire de la spirale verte et de recommencer la montée.

« – Petit escargot, arrête ! Si tu fais continuellement la même chose, le résultat sera toujours le même! Si tu veux un autre résultat, tu dois faire quelque chose de différent ! »

« – Oh mais comment faire différemment ? Moi je veux juste arriver à l’école avant que la porte ne se ferme. »

« – Qui a dit qu’il n’existe qu’un seul chemin vers l’école ? Il faut trouver le chemin qui te convient et sur lequel tu bouges avec joie ! As-tu une idée petit escargot, que pourrais-tu inventer pour le trouver ? »

« – Hmm oui je crois, je bouge mieux sur les feuilles… »

Le petit escargot vit une feille trampoline et se jeta au milieu d’elle et hop hop il commença à sauter. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait plus sauté sur une feuille trampoline. Il riait et ses petites cornes sautaient dans tous les sens !

Ensuite, il se jeta sur un fil d’herbe bouclé puis il est arrivé sur la queue d’une cerise rouge et glissa comme sur un toboggan vers la cerise ronde. Il la mangea avec gourmandise et il repartit. Sur le chemin, il rencontra un long champignon, monta sur son pied et s’enroula autour de lui. C’était la première fois qu’il prenait un champignon dans les bras. C’était doux et humide comme lui. Ensuite il monta sur le chapeau du champigon pour regarder le monde d’en haut ! Et woow, il était vraiment arrivé très haut ! Il pencha ses petites cornes en-dessous du chapeau du champignon et y trrouva des petits pois rouges, hmm son gôuter préféré.

Après avoir fini le gôuter, il s’accrocha à un brin d’herbe d’un côté et à un brin d’herbe de l’autre côté et il commença à se balancer comme sur une balançoire. Ensuite, il monta sur un petit bâton et se retrouva nez à nez avec un papillon bleu qui battait des ailes. Hmm comme il faisait frais !

Il partit plus loin et se retrouva avec une fleur jaune sur la pointe du nez.

« – Oh quelle chance ! Encore un goûter délicieux pour moi ! »

Il s’arrêta ensuite pour boire de l’eau fraiche du chapeau d’un gland. Avec de nouvelles forces, il sauta sur une feuille qui flottait sur l’eau et se laissa porter par les vagues. La feuille l’emmena devant une pomme rouge géante ! Il grimpa en tournant et monta jusqu’en haut de la queue. Puis, il se jeta le long de la pomme et atterrit la tête la première dans une fleur de camomille.

« – Hmmm comme c’est bon le thé de camomille, je me sens plus détendu. »

Il marcha plus loin et croisa un bourgeon de tulipe rose qu’il serra dans ses bras. Oh quel merveilleux parfum !

Puis, il arriva à l’instant même où une perle de rosée allait tomber d’une fraise rouge. Il l’avala et happa la fraise. Ensuite, il s’assit au bord d’une feuille pour prendre une pause.

« – Quel merveilleux voyage ! » respira-t-il d’un air content.

Devant lui, un fruit de Physallis accroché à une brindille, dansait et flottait au vent.

« – Oh je n’ai jamais volé avec un ballon. »
Et houp, il sauta sur le fruit de Physallis qui se rompit et woooow le petit escargot commença à voler !

« – Qui a dit que les escargots ne savent pas voler ? » rit la Coccinelle qui le suivait de près en voyageant sur un flocon de pissenlits.

« Hourra ! » ils atterrirent tous les deux directement devant l’école. Et quelle merveille, pour la première fois, la porte de l’école était largement ouverte et tous les escargots attendaient en file pour entrer.

Quand ils on vu le petit escargot atterrir, ils ne pouvaient pas le croire :

« – Mais comment as-tu fait ? Tu as pris quel chemin ? On ne t’as pas vu aujourd’hui sur l’escalier. »

Le petit escargot était tout sourire, il sentait le parfum des fleurs, il avait du pollen sur les petites cornes et du sirop de fraise à la bouche. Il leva le regard vers la coccinelle et répondit :

« – La coccinelle m’a appris que si je veux un autre résultat, je dois faire quelque chose de différent ! Merci Coccinelle ! »

Et il est entré fier et sûr de lui par la porte qui ne s’est plus jamais fermée sur lui !

Le petit escargot avait appris non seulement comment arriver à l’école des escargots mais comment arriver là où il rêvait d’arriver !

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